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EDITO du 14 Juin 2018

Habiter ou camper ?

Aujourd’hui, un bateau avec plus de 600 migrants à son bord erre au large de Malte, attendant qu’un port européen l’accueille… En vain à l’heure où nous rédigeons ces lignes…

Contre le triomphe des tyrannies, habiter le social. C’est ce à quoi nous invite Véronique Georis, inspirée par les pensées de Bruno Latour et de Michel Agier. Serions-nous, quelque part, tous des migrants ? Où et comment les migrants souhaitent-ils habiter ? Peut-on habiter quand on ne dispose pas du nécessaire et qu’on n’est pas le bienvenu ? Les gouvernements Européens se vantent désormais de refuser l’accueil, influencés par une frange de leur population apeurée… Est-ce ainsi qu’elle va se rassurer ? Véronique Georis nous dit : « Ces peurs, génératrices de malentendus, pourraient être effacées par une écoute réciproque et devenir moteur de changement.  L’écoute réciproque construit de la sécurité. »

Se parler et s’écouter réciproquement, c’est ce que nous avons fait le 4 mai dernier, lors d’une rencontre qui avait pour but d’échanger à propos des résultats d’un projet baptisé Labo Adoquartier. Des Ados entre famille et école, quels chemins ? Cette matinée visait à affiner les constats, à se « re-connaître » et à créer des liens, entre parents et professionnels de l’éducation et de la jeunesse d’un même quartier. Cela nous a permis d’identifier quelques pistes pour rendre l’école plus humaine, moins excluante, et finalement plus efficace en termes d’apprentissages effectifs pour les élèves.

L’échange, le partage du vécu, c’est aussi là-dessus que s’appuie la formation à la pair-aidance, récemment développée par l’université de Mons. Son postulat : l’expérience de la souffrance et du rétablissement autant que le vécu « de l’intérieur » du système constituent un savoir expérientiel qui peut se transformer en ressources à différents niveaux - individuel ou collectif « entre pairs » : amélioration des dispositifs d’aide et de soins, dé-stigmatisation des troubles psychiques dans la société et participation aux politiques. Pour connaître l’écho que cette formation a produit sur un premier groupe d’apprenants, c’est ici.

Dès la rentrée, nous poursuivrons ces travaux par une table ronde sur la question des migrations actuelles : Habiter et faire famille dans le mouvement de la migration.

Bonne lecture, bel été !

quiNous sommes un collectif pluraliste d’acteurs de terrain, de praticiens-chercheurs en sciences humaines et de pédagogues spécialisés dans la construction d’interventions, d’analyses et d’outils permettant d’une part de mieux comprendre les réalités et enjeux contemporains des rapports sociaux et, d’autre part, d’influer sur ceux-ci dans une visée d’émancipation pour tous.

Par notre travail, nous souhaitons pointer et comprendre les mécanismes qui empêchent l’émancipation et, à contrario, ceux qui la permettent ou la favorisent en mettant en débat une diversité de points de vue, en analysant des discours et des pratiques, en se mettant à l’écoute des terrains du social et en privilégiant une approche pluridisciplinaire. lire la suite

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