EDITO du 17 Juin 2016

L’éducation permanente, pour accompagner les transitions

Nous vous l’annoncions dans notre newsletter de mars : Le GRAIN et son comité de rédaction ont décidé, en 2016, de porter la focale sur les phénomènes de « transitions » vécues, choisies ou subies par les individus et les systèmes au sein des mondes sociaux contemporains.

La mondialisation économique apporte en effet son lot de crises qui appellent des changements importants : crises économiques, crises des migrations, crises de l’emploi, crises des jeunes générations qui voient l’avenir se refermer devant elles un peu partout, crises de l’environnement. L’urgence de la nécessité d’un développement durable place l’humanité devant un défi inédit de collaboration à l’échelle de la planète. L’accélération des innovations technologiques, le monde numérisé, questionnent le devenir humain et laissent entrevoir l’avènement d’un humain « augmenté », dont l’évolution échappe aux modèles préétablis.

Face à ces transformations, quel peut être le rôle de l’éducation permanente ? Comment reprendre l’initiative au bénéfice de nos publics ? Véronique Georis explore certaines possibilités pour y parvenir, dans son article de clarification intitulé L’éducation permanente, pour accompagner les transitions.

Et si, de son côté, elle choisit d’approcher en priorité deux types de transitions (l’un centré sur le développement de la personne, l’autre sur la notion d’habiter lorsqu’on est exclu des espaces « normaux » d’habitation), les différents auteurs qui ont contribué à cette newsletter ont chacun choisi d’aborder à leur façon le thème de l’année.

Ainsi, l’enseignement belge francophone, en crise mais en phase de transition suite au Pacte pour un enseignement d’excellence notamment, est-il en capacité de promouvoir une réelle hétérogénéité des profils des élèves au sein des groupes d’apprenants ? Si oui, pourquoi y parvient-il si mal ? Le sujet a été déjà de nombreuses fois débattu. Alice Couleuvrat y revient pour proposer une synthèse des principaux arguments éthiques en présence, dans son article intitulé : Homogénéité ou hétérogénéité sociale en classe ? Bref tour d’horizon des arguments éthiques.

Les CEFA sont un système d’enseignement par lequel l’étudiant quitte peu à peu son statut d’élève pour devenir peu à peu un travailleur. Bruno Uyttersprot sonde les arcanes du système complexe des primes de l’enseignement en alternance, en Wallonie et à Bruxelles, afin de voir si les Régions ont pu tirer un parti optimal des réformes de l’Etat belge, lui aussi en transition institutionnelle, au profit des jeunes qui transitent vers l’emploi.

Au vu des évolutions du monde du travail, former la jeunesse bruxelloise est plus que jamais une priorité, malheureusement, l’offre scolaire ne suit pas toujours, c’est pourquoi des parents prennent l’initiative de fonder de nouvelles écoles. C’est cette aventure que nous détaille Pascale Meunier dans son article : Créer une nouvelle école secondaire : une aventure pédagogique et citoyenne.

Les systèmes d’échanges locaux, vous connaissez ? Voici un outil, s’il en est, qui peut être rattaché, avec les « donneries » et autres « Repair cafés », au concept de « transition ». Il serait possible de les rendre davantage inclusifs, de permettre à un public plus large et diversifié d’en tirer bénéfice. Farida Boujraf, qui a mené une recherche-action sur le sujet, nous dit comment dans une analyse intitulée Pour faire émerger des SEL vraiment solidaires.

Les transitions, c’est aussi un certain nombre de liens à rétablir. Par exemple autour des personnes qui souffrent d’un handicap. Pour clôturer ce numéro, Louise Méhauden se penche sur la notion de travail en réseau, plus que jamais nécessaire dans un paysage de politiques publiques en voie de fragmentation. L’établissement d’un réseau de collaboration efficace autour des personnes handicapées implique un certain nombre de prérequis. L’auteure nous livre, dans son écrit, la synthèse d’une recherche menée dans le secteur de l’aide à la personne handicapée, que nous publions sous le titre Travailler en réseau ? Oui, mais pas sans un vade-mecum !

Bonne lecture et bel été à tous nos lecteurs.

L’équipe du GRAIN

quiNous sommes un collectif pluraliste d’acteurs de terrain, de praticiens-chercheurs en sciences humaines et de pédagogues spécialisés dans la construction d’interventions, d’analyses et d’outils permettant d’une part de mieux comprendre les réalités et enjeux contemporains des rapports sociaux et, d’autre part, d’influer sur ceux-ci dans une visée d’émancipation pour tous.

Par notre travail, nous souhaitons pointer et comprendre les mécanismes qui empêchent l’émancipation et, à contrario, ceux qui la permettent ou la favorisent en mettant en débat une diversité de points de vue, en analysant des discours et des pratiques, en se mettant à l’écoute des terrains du social et en privilégiant une approche pluridisciplinaire. lire la suite

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