
Au départ, deux jeunes professeurs interpellés par leurs premiers contacts avec l’enseignement technique et professionnel, s’interrogent sur les moyens de faire face aux problèmes qu’ ils y rencontrent. Pour étayer leur réflexion et faire partager leurs préoccupations, ils proposent, dès 1973,des expériences menées dans le cadre de l’animation de quartier ou de plaines de jeux.
Les animateurs participant à ces expériences y cherchaient des pistes pour s’engager dans de nouvelles voies pédagogiques. De là naît la première ébauche de la « pédagogie du projet, une pédagogie de libération », texte paru en 1977. La pédagogie décrite dans ce texte par D. Grootaers et F. Tilman servira de base à plusieurs sessions de formation qui regroupent enseignants, éducateurs et animateurs. C’est de la première de ces sessions que naît le jeu du Mobile Social (édité en 1976), nouvel outil de sensibilisation aux mécanismes de la sélection qui s’opère à l’école.
Les idées développées dans le jeu, dans le texte de la pédagogie du projet et dans diverses sessions, rencontrent la réflexion, la pratique et l’adhésion d’un certain nombre de personnes qui, par la suite, s’impliqueront dans Le Grain à des degrés divers. Ces rencontres seront l’occasion d’un approfondissement de la démarche pédagogique poursuivie par chacun.
Une petite institution : La multiplication des publications et des animations a créé à l’extérieur, particulièrement parmi les enseignants et les animateurs, une image du Grain qui se dessinait presque indépendamment de lui. A cela s’ajoutèrent, à partir de 1977, des contrats successifs avec différents ministères (Culture, Éducation Nationale, Emploi et Travail) qui ont permis au Grain de bénéficier de diverses subventions. Actuellement, le Grain est reconnu par le Ministère de la Culture comme Service Général d’Education Permanente.
Aujourd’hui : C’est un groupe d’amis, d’enseignants, d’animateurs, de chercheurs répartis en plusieurs endroits de Wallonie et de Bruxelles qui tentent d’offrir au plus grand nombre, l’accessibilité au savoir et l’émancipation par la formation. Certains d’entre eux militent également sur d’autres terrains que le milieu scolaire où se mènent des actions de ce type. Tous cependant, à des degrés divers, se préoccupent de trouver un fondement politique à ces actions.