LABOCOMPETENCES

Les dispositifs à l’épreuve des compétences

Raphaël Darquenne, Le GRAIN, Mars 2018

Depuis 2015, le groupe « Labocompétences » se réunit régulièrement dans le cadre d’une recherche-action portant sur l’usage des compétences dans le travail social, les dispositifs et le travail en réseau dans la perspective de l’émancipation des jeunes « hors-piste » bruxellois.

printbuttonLe groupe est composé d’une diversité d’acteurs des secteurs jeunesse, aide à la jeunesse, formation insertion socioprofessionnelle et éducation permanente (Solidarcité, Atouts jeunes, AMOS, Promo jeunes, Consortium de validation des compétences, Le Grain, Méta-éduc, Mission locale de Schaerbeek, Plateforme pour le service citoyen, Samarcande, Seuil, SIEP).

« L’identification, la prise en compte et l’usage relationnel des compétences informelles, socialisantes et transversales des jeunes des quartiers par les acteurs de l’action publique et associative permettrait aux jeunes de trouver des voies d’émancipation et une place dans le monde » est l’une des hypothèses centrales du groupe « Labocompétences ».

Labocompétences :

retour sur les apports du « World café » organisé dans le cadre de la journée « Les jeunes ont des compétences, qu’en faisons-nous ? », le 24 novembre 2017[1].

Delphine Huybrecht, LE GRAIN, Mars 2018

Le projet Labocompétences, qui s’est déroulé durant trois années, connaissait, fin 2017, une importante étape de dissémination[2]. 150 personnes étaient invitées à découvrir le fruit d’une recherche-action dédiée aux compétences de jeunes, principalement ceux que nous avons appelés « jeunes hors piste ». Ils ne trouvent plus d’intérêt à fréquenter l’école et ne sont pas encore dans le monde du travail. Durant cette journée, l’enthousiasme était palpable et les participants motivés par l’objectif de redonner à ces jeunes confiance en eux-mêmes et en leurs capacités, confiance dans le monde et dans la possibilité d’y prendre une place… Dans cet article, nous revenons plus particulièrement sur les apports du World café, qui était organisé l’après-midi.

Implanter le DPA-PC au cœur des pratiques d’accompagnement des Travailleurs sociaux

une initiative du Centre de Formation des CPAS Wallons

Martine De Keukeleire, Le GRAIN, Mars 2018

Depuis 2008, le Centre de Formation des CPAS wallons propose une approche qui se diffuse dans l’action des services sociaux de nombreuses institutions, le Développement du Pouvoir d’Agir des Personnes et des Collectivités, DPA-PC. Nous avons rencontré Valérie Desomer, conseillère, et Bernard Dutrieux, chef de service du Centre de Formation de la Fédération des CPAS, afin qu’ils nous dessinent les grandes lignes de cette pratique d’accompagnement social élaborée par Yann Le Bossé, professeur à l’Université de Laval au Québec.

La certification par unités (CPU)

une valorisation des acquis au détriment de la qualification et de l’émancipation ?

Bruno Uyttersprot, LE GRAIN, Mars 2018

Le redéploiement de l’enseignement qualifiant et ses tentatives de valorisation ont pour conséquence que cette filière est devenue un terrain d’expérimentation privilégié diligenté, tant dans le cadre des objectifs européens de la formation tout au long de la vie que sous la pression du monde des entreprises désireux de bénéficier d’une main d’œuvre toujours plus optimale en termes d’employabilité.

Véronique Georis, Le GRAIN, Décembre 2017

Partant du constat de l’impuissance du travailleur social programmée notamment par les nouvelles politiques a-sociales d’accueil des migrants, de gestion des travailleurs potentiels sans emploi, cet article fait part des réflexions nées avec le projet Labocompétences[1], dont les apports seront communiqués sous la forme d’un rapport complet au printemps 2018. Réunis en colloque ce 24 novembre, autour du film «  Tourner en rond, c’est pas pour moi » réalisé par Jacques Borzykowski du Centre Vidéo de Bruxelles (coproduction Le GRAIN), le réseau Labocompétences a soumis au débat public les résultats de trois années de concertation autour de l’usage des compétences des jeunes « hors-pistes » dans le travail social.

Delphine Huybrecht, Le GRAIN, Décembre 2017

Le présent article reprend un ensemble d’observations et de témoignages effectués dans une école « de quartier populaire », à Bruxelles durant les années scolaires 2015-2016 (de janvier à juin) et 2016-2017 (de mars à juin)[1]. Les prénoms des élèves ont été changés, conformément à la promesse faite quand nous avons recueilli leurs paroles. Notre but est de documenter la réalité scolaire telle qu’elle est vécue par les élèves, à qui la parole est rarement donnée, pour éclairer d’un autre point de vue les questions de décrochage scolaire. L’article se nourrit aussi de mes observations personnelles au cours des animations ou d’éléments transmis par d’autres acteurs scolaires (travailleurs du PMS, enseignants, médiateur scolaire).

Delphine Huybrecht, Le GRAIN, Décembre 2017

Les Communautés d’Apprentissage Professionnelles (CAP) sont une réalité dans l’enseignement canadien depuis quelques années maintenant. Bruno Uyttersprot nous a présenté les bases théoriques des communautés d’apprentissage dans un récent article[1].  Nous allons nous pencher ici sur une application pratique du concept en Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous sommes en effet allés à la rencontre de deux personnes impliquées dans un projet de lutte contre le décrochage scolaire qui réunit huit écoles de l’enseignement libre dans la région de Charleroi. C’est au Collège  des Aumôniers du Travail que nous avons eu le plaisir de rencontrer Mesdames Véronique Dayez et Bernadette Warrand[2], chargées de la mise en œuvre du projet FSE « ACCROJUMP-CAP», dont l’école pilote est l’Institut Sainte-Anne de Gosselies. Elles nous ont fait part des avancées permises par leur projet et des enseignements qu’il est possible d’en tirer à ce stade.

Les communautés d’apprentissage : une « vieille » idée, de plus en plus d’actualité

L’apprendre ensemble pour résister au chacun pour soi et comme outil d’émancipation pour construire le collectif ?

Bruno Uyttersprot, Le GRAIN, Décembre 2017

Dans ce premier article dédié à la notion de communauté d’apprentissage, Bruno Uyttersprot dresse un historique de la notion. Qu’il s’agisse des technologies de l’information, qui permettent la mise en réseau d’outils didactiques les plus divers, ou des élans citoyens d’appropriation collective des savoirs et d’identification à des formes de valeurs communes, ce ne sont pas les situations socioéconomiques[1] et sociologiques qui manquent pour favoriser l’apparition et le développement de communautés d’apprentissage. Qu’il s’agisse d’une logique de partage et d’entraide (pensons aux réseaux d’échanges de savoirs) d’idéalistes en quête d’une révolution des esprits ou encore de nouvelles méthodes managériales basées sur des principes collaboratifs, l’apprendre en commun s’inscrit de manière explicite et formelle dans la sphère institutionnelle publique ou privée. Elle constitue aux yeux de l’auteur un sursaut d’émancipation et de réflexion en commun face à l’individualisme forcené qui caractérise notre civilisation postmoderne.

Louise Méhauden, Le GRAIN, Décembre 2017

A l’heure où la « participation », la « responsabilisation » voire l’ « autogestion » et l’« horizontalité » font florès quand il s’agit de manager un nombre toujours croissant d’organisations, l’auteure constate, avec d’autres, que ces principes se vivent et s’actualisent de manières très inégales sur les terrains. Elle nous invite à être attentifs aux pièges qu’ils peuvent renfermer et appelle au développement d’outils et de compétences nouveaux et adaptés comme conditions nécessaires à leur portée émancipatrice.

Martine De Keukeleire, décembre 2017

En Fédération Wallonie-Bruxelles, l’instruction est obligatoire de 6 à 18 ans, mais pas l’école. Certaines familles choisissent, en toute légalité, de déclarer la non inscription de leurs enfants à l’école. Ce pour diverses raisons : ce type de scolarité peut convenir à un mode de vie nomade, s’adapter au rythme d’un enfant, correspondre aux valeurs des parents… L’enseignement à domicile, qui fait l’objet d’un contrôle de l’obligation scolaire par la fédération Wallonie Bruxelles, est en augmentation significative ces dernières années[1]. Et pose la question du rôle de l’école dans le parcours d’apprentissage des enfants. Nous avons rencontré l’institutrice chargée d’accompagner l’enseignement à domicile d’enfants de forains[2]. Elle nous livre ses observations nuancées sur une autre façon de faire école.