Bruno Uyttersprot, LE GRAIN, Septembre 2021

Soigner, décider et éduquer font partie des fonctions impossibles écrivait S. Freud. D’aucuns leur reconnaissent un caractère essentiel.  Métier exigeant, l’enseignement se réinvente constamment en fonction des contingences politiques, sa dimension curative se révèle d’autant plus dans le contexte sanitaire que nous traversons.  N’est-ce pas l’un des paradoxes du moment que de marteler le rôle essentiel de l’école, comme d’autres institutions, alors que ni les enseignants ni les étudiants ne reçoivent le soutien de l’Etat pour en préserver la qualité ? Nulle place ainsi, pour une campagne de vaccination au bénéfice des enseignants.  Guérir par l’école est une réalité, même si pour certains celle-ci s’est avérée responsable de nombreux traumatismes, et donc de blessures indélébiles. La période de pandémie que nous traversons a permis de relever ces paradoxes, car l’école est un monde en soi, lieu de toutes les contradictions mais aussi de tous les possibles.

printbuttonToujours plus de marchandisation

A l’heure de faire consensus dans un permanent chassé-croisé avec l’opinion publique désorientée, les autorités s’adossent aux experts pour une gouvernance technocratique sans légitimité démocratique. La fabrique du consentement est devenue le mode de gestion de nos sociétés malades, où le marché de la santé est devenu un fourre-tout dont le développement et la dynamique s’inscrivent dans un contexte où les institutions, dont c’était la fonction, ont perdu la main mais désormais, aussi, la tête. Sous l’emprise du néolibéralisme, les visions idéologiques du bien-être et de la santé confrontent les défenseurs de la liberté individuelle aux parangons du bien commun et de la protection des plus fragiles.

Les soins de santé sont victimes de rationalisations qui étouffent les protagonistes, les poussant à toujours plus alerter l’opinion publique face à la pénurie de lits et à des conditions de travail de plus en plus pénibles. Il n’y a pas jusqu’au politique qui ne soit instrumentalisé par le secteur pharmaceutique, lequel tient les rênes d’une démocratie sous contrôle. Le « bien-être » est devenu un leitmotiv pour les privilégiés, il est aussi et surtout, une chimère pour le plus grand nombre ; le commerce du développement personnel et des soins s’avère florissant. Là où, auparavant, l’exercice professionnel passait par un corps médical assermenté, les pratiques les plus diverses ont vu le jour, se sont vues légitimées, permettant une dérégulation suivant laquelle les offres désormais se côtoient, entrent en concurrence, se complètent ou s’annulent.

Les formations privées menant aux exercices professionnels les plus divers adossés au secteur de la santé mentale, fleurissent dans un contexte où celle-ci est particulièrement mise à mal. La bienveillance des uns soutiendrait la résilience[note 1] des autres, d’aucuns s’engagent par conviction éthique ou par opportunisme spéculatif, à réparer les blessures du monde par la providence de la relation, par les bénéfices escomptés du lien. Ce qui fait notamment ironiser Evelyne Pieiller[note 2], pour qui « la souffrance peut vous faire du profit, en une version psychologique de la destruction créatrice ». La valorisation de ce concept rentrant en résonance et s’inscrivant dans le droit fil de la notion d’empowerment du sujet, dans une « adaptation permanente de celui-ci au détriment de la remise en cause des conditions de sa souffrance [note 3]».

L’école au défi de se réinventer

ak1 bru2Dans un contexte de tensions sociales et d’angoisses existentielles, le monde de l’éducation n’est évidemment pas en reste, puisque l’impossible lui est demandé ; à savoir, assurer la continuité pédagogique. Etudiants, élèves et enseignants sont renvoyés dans leurs foyers et il est demandé aux enseignants d’assurer leur magistère dans un esprit de bienveillance, tout en garantissant l’acquisition des « essentiels [note 4]». La machine à générer des échecs scolaires et à faire la sélection s’arrête le temps de la pandémie.

Passés les effets d’annonce, rappelant ou se rappelant l’intérêt suprême de l’enfant, le distanciel et l’hybridation allaient s’arrêter un jour pour recommencer quelques temps après dans un aller-retour improvisé en fonction de l’analyse supposée scientifique d’experts assermentés. Le retour en présentiel étant appelé de leurs vœux par des parents épuisés, des jeunes désorientés et diligenté par un politique soucieux du bien-être collectif, au nom de la sacro-sainte santé mentale. N’y avait-il pas une évidente obscénité à arguer de la souffrance de la population et de l’impérative nécessité de réinstaurer du lien social quand, pendant plus d’une année de pandémie, on préconisait comme fil conducteur à nos conduites, la distanciation sociale, les gestes barrières et les bulles de… un ?

Nous sommes passés progressivement d’un isolement préconisé à un confinement mesuré pour bientôt ouvrir les terrasses mais en prenant soin de laisser les théâtres fermés. Et voilà que juin et les beaux jours avaient permis au secteur culturel, par ailleurs exsangue, de revivre à nouveau, les chiffres d’occupation hospitalière dus au covid déclinant de manière constante. Personne n’y comprenait plus rien, à commencer par nos autorités bien mal inspirées. Certains avouaient publiquement ne pas respecter ce qu’ils avaient décidé pour l’ensemble des citoyens. Une cacophonie, un tissu de contradictions, une impossibilité intrinsèque à légitimer ce qui n’avait pas lieu d’être puisque le bon sens n’était pas de mise. La machine à générer des échecs scolaires et à faire la sélection s’arrête le temps de la pandémie. Nous étions embarqués, malgré nous, dans une période interminable de turbulences inédites.  

Certes, pour certains, il avait été possible de convertir cette situation de confinement en opportunité de se réinventer ou d’en revenir aux fondamentaux trop souvent oubliés, en écoutant par exemple le chant des oiseaux[note 5]… pour beaucoup, ce fut une épreuve qui tourna au cauchemar et au désespoir. Au moins un Français sur dix envisagea sérieusement le suicide[note 6]. Et en Belgique, la question de la santé mentale des personnes âgées et des enfants occupaient les devants d’une actualité anxiogène, alimentant l’angoisse au quotidien, histoire d’en rajouter une couche.

ak1 bru3

Dans un agenda politique aux marqueurs limités à l’évolution des chiffres de la pandémie, l’éducation apparut comme le bien commun[note 7] à maintenir coûte que coûte, corrélé à l’occupation des lits en soins intensifs et à la capacité des hôpitaux à gérer la situation au jour le jour. Les courbes des chiffres quotidiens des morts et des hospitalisations engendraient régulièrement autant de retours à la maison ou au contraire à l’école. Pendant que beaucoup de professeurs ont donné cours malgré leurs comorbidités et ont pris sur eux en classe jusqu’à l’épuisement pour tenter de faire respecter des consignes sanitaires impraticables devant la vétusté des locaux, certaines directions d’écoles ne respectaient pas elles-mêmes le port du masque dans le cadre de réunions en présentiel arguant de la ventilation suffisante et de la distance entre les membres du personnel. Quelques enseignants qui avaient contracté la maladie et s’estimaient sortis d’affaire donnaient cours en présentiel, sans porter le masque, face à des étudiants médusés, angoissés parfois, surtout ceux qui avaient déjà perdu un parent de suites du virus !

L’école fait sens quand l’école répare et guérit

L’école demeure dans l’imaginaire collectif un lieu de socialisation essentiel, mais est aussi capable de constituer un espace réparateur. Soigner par l’éducation, soigner en éduquant même si on y souffre autant qu’on y guérit. Tel n’est pas le moindre des paradoxes de l’institution scolaire. Ascenseur social et reproducteur des inégalités, agent de conformation des esprits et moyen d’émancipation des êtres, elle cristallise les passions.  En fonction de l’expérience de chacun, que celle-ci soit souffrance ou qu’elle prenne la forme de la jouissance, elle ne laisse que fort peu de place à l’indifférence. 

L’école questionne notre relation à nous-même, dans cet espace intime, lié aux prémices de nos acquisitions, de notre développement, de ce qui va faire notre identité, de ce qui va construire notre individuation. Et c’est bien ça qui est en jeu et se révèle si fondamental pour l’existence de chacun. Il est un puissant déterminant de nos vies en fonction de notre capacité à l’utiliser sans la subir.

Au départ, il y a la personne qui vous accueille, vous éclaire et vous tend la main. Cela peut-être une femme ou un homme. Il y a son regard, sa voix, ses gestes qui précèdent ses propos. C’est votre professeur(e). Au sein de l’espace qui prend corps, dans l’imprégnation subjective des moindres instants, se joue le devenir de l’être, cet enfant qui fait l’expérience de l’école. La classe, par la magie de quelques enseignants, peut devenir, pour certains, l’endroit de la réparation. Elle peut suppléer aux manquements éducatifs et à l’amour déficient voire absent à la maison. Elle peut partiellement combler un déficit affectif chez l’enfant dont les parents ont été mal préparés à subir le choc de la parentalité. « Personne ne sait comment on fait des papas[note 8]» mais l’école peut éduquer à faire advenir un être à part entière.

Nombreux sont les professeurs qui contestent le rôle éducatif de l’école, arguant de la multiplicité des tâches et des responsabilités[note 9]. Mais éduquer c’est aussi prendre en compte, au sein du milieu éducatif, les carences qui affecteraient encore davantage l’enfant, si leurs effets étaient déniés. Cette controverse s’inscrit dans un contexte où le rôle de l’enseignant s’est complexifié face au délitement de la société. Au-delà de son rôle social[note 10], l’intervention de l’enseignant peut avoir des effets thérapeutiques par l’intention manifestée consciente ou inconsciente[note 11], en fonction de son propre parcours scolaire et affectif, de s’adresser à l’enfant dans sa globalité. En ce sens, rejoignons Cynthia Fleury[note 12], pour qui, « l’homme se fait… et se faire, c’est se former, c’est prendre soin de ».

Faire soin, une école humaniste élémentaire de transformation du social

La société devrait « se soucier de rendre « capacitaires » les individus, c’est-à-dire de leur redonner aptitude et souveraineté dans ce qu’ils sont[note 13] » afin de dépasser leurs vulnérabilités. Plus que jamais, ces temps de crise sanitaire ont mis en exergue la fragilité de nos êtres, la précarité de la vie, l’omniprésence de la maladie et de la mort. Cette période nous a renvoyés à nos peurs, à nos faiblesses, à nos difficultés d’être, nous renvoyant à nos manques et nous rappelant nos besoins de sécurité et notre interdépendance. Plus que jamais, ce besoin d’humanité peut s’exprimer à l’école et dans tout espace de vie où se côtoient, se rencontrent, se confrontent des individus, du même âge ou d’âges différents.

Comme l’exprimait Donald Winnicott, « un bébé ça n’existe pas » dans le sens où il n'est pas spontanément un agent. Il vit d’abord comme être vivant dépendant d’autrui et de son environnement. Il va construire son individuation dans la relation irremplaçable qui est celle de la parentalité et avec la mère plus particulièrement. Mais, la qualité de cette relation peut aussi s’élargir au domaine public, aux lieux de partage et de confrontation. Ainsi, l’école maternelle tient ce rôle de la mère qui fait soin dans l’action d’élaboration imaginative[note 14] de l’enfant. « Il nous faudrait comprendre qu’imagination et soin nous permettent de constituer un rapport au monde et de rendre habitable le réel » précise Cynthia Fleury.

Aux antipodes des pressions multiples, qui poussent les étudiants et leurs instructeurs à faire du chiffre, dans une « prescriptocratie[note 15]» et un mode de gestion managérial inhibiteur où le culte de la réussite produit juste son opposé, en l’occurrence l’échec, l’école peut retrouver sa vocation imaginative et créatrice au service de l’épanouissement, de la guérison et de l’émancipation[note 16]. Les éclopés du système sociétal le deviennent souvent de plus en plus tôt, et cette jeunesse en souffrance devrait pouvoir aimer l’école au lieu de la détester. C’est toute une relation de confiance à restaurer, instituer et à chérir, à développer et entretenir. « L’école comme lieu-refuge qui répare aussi, cadre bienveillant propice à l’ouverture et au développement des possibles », m’explique Daniel, étudiant en dernière année de stylisme. « Je trouve ici une ambiance familiale chaleureuse et enveloppante que je ne rencontre pas à la maison. En ce sens, elle m’a guéri », poursuit-il.

La dialectique des possibles entre imaginaire et réalité

Faire école autrement dira-t-on. C’est d’autant plus urgent, quand celle-ci fait preuve d’aveuglement et d’obstination, de refus de remise en question, se constituant en machine à sélectionner et à marquer certains du sceau du traumatisme. Faire soin à l’école, c’est revenir aux rêves que la société nous force à abandonner, c’est retourner à un certain degré de l’enfance, pour permettre à l’esprit d’être en état de recréer les conditions propices à la créativité et au développement de l’imaginaire.[note 17] Pour Ardoino, le rôle de l’éducation serait justement de permettre de distinguer mentalement l’imaginaire de la réalité, souvent intriqués. Il s’agirait de parvenir à se les représenter dans une sorte de jeu dialectique que les psychanalystes appellent articulation du principe de réalité au principe de plaisir. Ainsi, l’école favoriserait alors la conquête de cette forme d’intelligence théorique et pratique, faisant de chaque être un dialecticien en devenir.

Il ne s’agit toutefois pas de tomber dans le piège d’une réification, nous explique Ardoino, car il n’y aurait pas d’imaginaire purement éducatif. Il y a, cependant, l’intérêt d’un travail éducatif, au départ des productions de l’imaginaire. Ainsi en irait-il de la simulation, du faire « comme si », qui serait « mise en jeu, délibérée et contrôlée, d’un imaginaire dont on attend des effets formateurs » qu’il s’agisse de jeux de rôles, de jeux éducatifs ou de psychodrame. Et l’auteur de citer aussi les implications du personnel éducatif, lesquelles manifesteraient ce par quoi ils tiennent à l’existence et donc ce qui se révèle essentiel, à leurs yeux, pour se réaliser. L’implication se distinguant de l’engagement par son ancrage dans l’imaginaire et demeurant le plus souvent inconsciente, nécessitant une élucidation.

Mais des espaces et des lieux de cet ordre, avec ces visées, plus ou moins formulées, existent bel et bien, et heureusement. Cependant, ces établissements sont bien souvent réservés à des privilégiés ou, de toute manière, à une minorité. Faire soin à l’école, c’est apprendre à faire aimer l’école, ne fût-ce qu’un peu, à des jeunes, après qu’ils l’aient détestée, c’est apprendre à se réconcilier avec la vie après l’avoir subie et haïe.  Elaborer chez les êtres une qualité de présence au monde, au vivant et à la nature, c’est aussi redonner la confiance à cette jeunesse qui a perdu, parfois, le sens même de son existence et toute croyance en son avenir.

Plus que jamais, l’école peut être un lieu où guérir de ces peurs, par des outils de compréhension de la société, où soigner ses incapacités à apprendre, par des méthodes ludiques créant l’ancrage ; elle peut devenir cet espace propice à transformer les rapports de domination et les interactions négatives entre individus.  N’est-ce pas un enjeu majeur que d’inscrire l’école « dans un régime de savoirs et non pas dans un régime de pouvoir, afin de permettre à la société de gagner du terrain sur l’entropie de nos démocraties »[note 18] ?

Permettre le dégagement du jeune d’une situation problème[note 19] c’est aussi inscrire l’école hors de son canevas utilitariste et permettre de développer des « inutilités[note 20]». C’est sortir du cadre dans lequel on a posé le problème, c’est-à-dire du piège qui consiste à chercher une solution à partir des éléments qui en sont les causes. Permettre un regard méta et faciliter une production symbolique, un décentrage par l’acceptation et l’élucidation des émotions négatives et des égarements de chacun. C’est aussi dire non, selon le concept de négatricité[note 21] chère à Ardoino, mais en sachant pourquoi et permettre alors de l’accepter pour mieux rebondir. Le propre du vivant étant sa capacité négatrice[note 22].

Dans une société malade de ses dérives consuméristes, la visée émancipatrice de la pédagogie (ce qui semble un truisme) est, plus que jamais, la porte de salut des nouvelles générations. En ce sens, elle fait œuvre thérapeutique face au capitalisme de la pensée mortifère[note 23] dans un contexte de privatisation croissante du champ éducatif et de sa conversion à l’idéologie gestionnaire. Elle est porteuse de vie et des espoirs de la majorité contre les forces obscures de la rentabilité et du profit de la minorité. L’école est un élément essentiel pour bâtir l’avenir de l’humanité parce qu’elle inscrit le présent dans les forces vives d’une pédagogie au service de l’humain tout en choisissant son camp : celui de la transformation sociale et de la puissance d’agir sur le monde[note 24].

Références bibliographiques

Jacques Ardoino, Les Avatars de l'éducation. Problématiques et notions en devenir. Presses Universitaires de France, 2000.

Jacques Ardoino, Education et Politique, Anthropos, Paris, 1999.

Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, Odile Jacob, Paris, 1999.

Vincent de Gaulejac, La société malade de la gestion, Le Seuil, nouvelle édition 2009.

Cynthia Fleury, Le soin est un humanisme, Tracts Gallimard n° 6, mai 2019.

Irene Pereira, Paulo Freire, pédagogue des opprimés, Collection N’autre école, Libertalia, 2017.

Thierry Ribault, Contre la résilience, L’Echappée, Paris, 2021.

Barbara Stiegler, De la démocratie en pandémie, santé, recherche, éducation, Tracts Gallimard n° 23, janvier 2021

 

A propos de l'auteur

Touche-à-tout compulsif et passionné, il travaille comme enseignant, journaliste et photographe et est aussi bloggeur et musicien. Sociologue et journaliste de formation, spécialisé en Sociologie de l'Education et en Sociologie du travail, il collabore à la rédaction du Grain depuis 2011.

Notes

[note 1] Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur, Odile Jacob, Paris, 1999. Cyrulnik définit la résilience comme « la capacité à réussir, à vivre, et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative ».

[note 2] Résilience partout, résistance nulle part, Le Monde diplomatique, mai 2021, p 3.

[note 3] Thierry Ribault, Contre la résilience, L’Echappée, Paris, 2021.

[note 4] Ordre de service de l’Instruction publique de la Ville de Bruxelles d’avril 2021, portant sur l’organisation de la fin de l’année scolaire 2020-2021.

[note 5] Barbara Stiegler, De la démocratie en pandémie, santé, recherche, éducation, Tracts Gallimard n° 23, janvier 2021, p. 32.

[note 6] Suicide, l’autre vague à venir du coronavirus ? Fondation Jean Jaures, cité par Barbara Stiegler, op. Cit.

[note 7] Ibidem, P 48.

[note 8] Extrait de la célébrissime chanson de Stromae, Papaoutai. Ode à la paternité et à l’absence de père.

[note 9] Début mai 2021, j’ai posé la question à un panel de 10 enseignants et 7 d’entre eux affirment que l’école n’a pas à se substituer au milieu familial. Il s’agissait d’enseignants de l’enseignement secondaire supérieur. Sans doute que la même question au sein d’un «établissement primaire » aurait connu une autre issue.

[note 10] L’enseignant, un travailleur social parmi d’autres ? Martine De Keukeleire, Le Grain asbl. Mars 2021.

[note 11] Jacques Ardoino, Les avatars de l’Education, problématiques et notions en devenir, PUF, 2000.

[note 12] Cynthia Fleury, Le soin est un humanisme, Tracts Gallimard n° 6, mai 2019, P.6.

[note 13] Ibidem, P.7.

[note 14] Ibidem, P.11.

[note 15] Vincent de Gaulejac, La société malade de la gestion, éditions du Seuil 2009

[note 16] Jacques Ardoino Les Avatars de l'éducation. Problématiques et notions en devenir. Presses Universitaires de France, 2000

[note 17] Jacques Ardoino, p. 219 (chapitre : Les jeux de l’Imaginaire et le travail de l’Education).

[note 18] Ibidem, P. 31.

[note 19] Voir l'étude sur notre site

[note 20] Ainsi, de nombreux étudiants ne conçoivent plus l’école en dehors de ce qui va leur être directement exploitable dans la société, répondant ainsi à la doxa du capital humain et du discours dominant. Ce phénomène étant encore plus prégnant dans l’enseignement technique et professionnel où les savoirs-faire et savoirs-être fonctionnalistes sont privilégiés.

[note 21] La négatricité est le pouvoir que nous avons de dire non aux stratégies dont nous pouvons faire l’objet. La capacité que l’on a à se rebeller en face d’une situation critique.

[note 22] Jacques Ardoino, Education et Politique, Anthropos, Paris, 1999, P. 103.

[note 23] Vincent de Gaulejac, La société malade de la gestion, Le Seuil, nouvelle édition 2009, P. 279.

[note 24] Irene Pereira, Paulo Freire, pédagogue des opprimés, Collection N’autre école, Libertalia, 2017