- Communication du 29 mars 2022 -

Femmes en exil, le plus souvent invisibles dans leur fonction de femme de ménage, d’aide-soignante, de garde d’enfants. Mères seules avec ou sans enfants, pour un temps trop long loin de leurs familles à qui elles envoient l’argent...

Les Ukrainiennes quittent leur pays, fuient les bombes russes qui s’abattent sur leur ville et leurs enfants. Elles remettent à l’avant plan le phénomène grandissant de l’exil au féminin. Elles nous rappellent l’absence de politique d’accueil européenne ; les autres femmes, les Syriennes, les Africaines, les Sud-Américaines… Sous emprise, violentées, assignées trop longtemps aux marges de nos villes, avant de recevoir un hypothétique sésame administratif.

Le paradoxe du droit européen est qu’il n’avance que par à-coups, de crises en crises, toujours en retard sur les événements ; seule la terreur nous fait avancer.
Les entretiens singuliers, les rencontres de groupe, les ateliers, aident à supporter les souffrances, celles d’être sans identités reconnues, livrées à l’humeur de bourgeoises asociales et de patrons cupides, celles d’être tellement isolées de toute humanité. Véritables héroïnes, certaines obtiennent les papiers, se prennent en mains, réagissent, poursuivent des études, découvrent un nouveau métier, retrouvent leur famille. Nous avons donné dans ce numéro un espace à des œuvres artistiques produites par l’une d’entre elles.

Cependant, tous les parcours ne se terminent pas par un happy end. En tant que service d’éducation permanente, Le Grain souhaite porter plus loin ces voix et alimenter le combat politique contre les violences subies par ces femmes, entre exil et terres de non accueil.

A travers tout événement, toute parole donnée, il y a ce qui est dit, vu, non vu, et ce qui est entendu. Le processus de concertation géré par la Voix des femmes autour de l’application de la convention d’Istanbul est un exemple que ce que peut faire l’éducation permanente en la matière : faire remonter des recommandations depuis le terrain, car sinon, qui se saisirait de la question ?

Pour percevoir autrement la réalité des femmes en exil, ce numéro 3 d’Akène résonne de cinq poèmes originaux. Il est illustré de peintures réalisées par Luján Linnet, artiste cubaine en exil.lire la revue

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Femmes en exil sous emprise

parfois sans papiers mais pas sans voix

Delphine Huybrecht, LE GRAIN, mars 2022

Je me ferai ici passeuse de paroles, d’expériences, de revendications.

Mon propos s’appuiera sur trois temps forts de la rencontre organisée par le Grain le 23 avril dernier, « Sortir de l'emprise intrafamiliale en contexte de crise sanitaire et au-delà ? ». En lien avec le dossier de ce numéro dédié au thème des femmes en exil, nous revenons sur les mécanismes d’emprise intrafamiliale qui pèsent sur les femmes sans droit de séjour mais aussi sur les possibilités qui existent en termes de ressources juridiques ou associatives pour les accompagner dans leur combat pour une vie digne. Retour sur les témoignages et apports de Mesdames Bintou Touré (Porte-parole de la Voix des Sans Papiers), Yamina Zaazaa (co-directrice du Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales) et Selma Benkhelifa (avocate spécialisée en droit des étrangers). lire l'article

ak3jacintroVoi(e)x de femmes en exil

Sortir de l’invisibilité, être reconnues

Jacinthe Mazzocchetti, LE GRAIN, mars 2022

Au travers de la question des femmes en exil, il s’agit pour moi d’interroger notre société à la fois plurielle et inégalitaire, d’analyser les rapports de pouvoir qui la traversent ainsi que les processus de reconnaissance. lire l'article

 introAK3jer« Gestion » de la petite enfance et ouverture épistémique

Jérémie Piolat, LE GRAIN, mars 2022

Dans son ouvrage « Sorcières. La puissance invaincue des femmes », la journaliste et essayiste féministe Mona Chollet se risque à aborder, entre autres, au-delà de « l’alchimie subtile du (non) désir d’enfant » [Chollet, 2018 :115] la très délicate et douloureuse question des mères infanticides non plus d’un point de vue psychologique et individualiste (quelle pathologie portait cette monstrueuse mère meurtrière ?) mais systémique et collectif (à quelle situation et état de crise peut conduire le poids que fait porter aux femmes ce que la société exige d’elles en tant que mères?). lire l'article

introAK3souDe l’ombre à la lumière : trajectoires de filles descendantes d’immigrés maghrébins

Stratégies et négociation dans les relations affectives à l’adolescence

Soumia Lahdily, LE GRAIN, mars 2022

Le présent article présente les principaux apports d’une recherche menée au départ du portrait de trois jeunes filles belges d’origine maghrébine. Je me suis particulièrement intéressée aux filles de deuxième et troisième génération, à cette période de vie dans leur trajectoire que sont les relations affectives et amoureuses de l’adolescence. La volonté de me focaliser sur ces questions repose sur l’idée qu’un processus identitaire et émancipateur se joue à cet instant. Et que la rencontre avec l’autre sexe, selon Chauchat et Boudarse (2001), vient remettre en question la structure de personnalité chez les filles et les garçons durant cette période. lire l'article


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