Les habitant.e.s des quartiers difficiles souvent fragilisé.e.s socialement, sont ceux qui paradoxalement prennent le plus souvent soin des liens sociaux au quotidien. Les personnes immigrées notamment, souvent non reconnues dans ce rôle, constituent le socle du travail social précaire: elles balaient nos rues, emballent et livrent nos commandes, distribuent les colis alimentaires aux plus démunis, accompagnent et soignent les personnes malades jusqu’à leur grand âge, dans les hôpitaux, les maisons de repos, et nettoient nos bureaux. A leurs côtés, les retraité.e.s issus des classes moyennes prennent eux aussi de plus en plus de responsabilités sociales.
Valoriser les compétences ainsi mises en œuvre, élaborer avec ces publics des analyses critiques et des recherches participatives, c’est ce que nous proposons en mettant la revue Akène au service de collectifs citoyens locaux. Ce travail de mise en mots est souvent la première étape de la prise de conscience d’un pouvoir collectif.
Une revue ancrée dans le tissu social contemporain
L’accélération du temps, la marche forcée vers le “progrès”, donnent au simple citoyen le sentiment d’être « volé de sa propre vie ». En septembre 2022, nous avions lu le manifeste, « Ce qui ne peut être volé » de Cynthia Fleury et Alain Fenoglio.
A la lumière des enseignements de la récente pandémie, la philosophe et le designer nous proposaient une nouvelle manière d’être au monde, articulant théorie de la conception [côté design] et théorie du care, afin de dépasser les vécus d’effondrement et de favoriser la capacité de ce qui est vulnérabilisé à générer des solutions pour nous rapprocher d’une vie bonne.
Mettre au centre de nos préoccupations la fragilité du milieu humain plutôt que de stigmatiser les démunis débouche potentiellement sur « une clinique du réel nous permettant de relever les enjeux de transformation nécessaire du monde contemporain ». Cette manière d’envisager le social fournit à la revue Akène les nutriments essentiels à la pousse de ses racines:
- Imaginer de nouveaux possibles: Le renforcement des vulnérabilités sociales, politiques, la destruction annoncée des milieux humains, réveille les imaginations. Pour les citoyen.nes et les professionnel.les en première ligne les vulnérabilités sont sources d’inventivité, facilitent l’exercice de compétences acquises ou nouvelles.
- Enquêter pour mettre au jour les vulnérabilités et l’inventivité des éco-systèmes locaux : Identifier pour mieux les combattre les règles qui renforcent au lieu de réduire les vulnérabilités : « comment un milieu social affecte-t-il celui qui y vit ? » En quoi ce milieu rend-il possible la création de compétences ? en quoi est-il au contraire excluant ? En ce sens, nous voulons soutenir la création de dispositifs qui expérimentent d’autres manières de faire.
Programme de cette rentrée : Écriture, imagination et action, intimement liées, au service de l’empowerment au féminin
Nos publications à l’écoute des terrains du social alimentent nos formations, nos interventions au service du déploiement de l’éducation permanente et soutiennent la rédaction de plaidoyers ainsi que les interpellations de nos partenaires vis-à-vis des gouvernants.
Nous ouvrons un atelier d’écriture
Grâce aux récits d’expériences des participant.e.s, la revue Akène laissera émerger les savoirs et compétences issus de collectifs vivants. Cette année Bénédicte Wantier animera un atelier d’écriture pour Le Grain dans les locaux de Carrefour 19, rue du Marteau, 19 1000 Bruxelles.
Première date le 30 août à 17h00.
Ecrire avec Georges Orwell : L’écriture claire
L’écriture claire, proposition issue des travaux de Georges Orwell (Pourquoi j’écris, p.p.70 à 93, Gallimard, 2020, Folio 2022) auteur du célèbre roman futuriste 1984, affirme la portée politique du langage, elle révèle la perte de sens de la langue ainsi que les manipulations de la pensée dues au langage plébiscité par la société marchande en général, dont les modalités floues et mensongères ont largement percolés dans tous les secteurs.
La pratique de l’écriture claire suppose d’être vigilant.e face aux expressions coutumières, aux mots trop longs s’ils peuvent être remplacés par un court, aux mots en trop, au mode passif lorsqu’il pourrait être actif, aux jargons fussent-ils scientifiques, aux barbarismes, aux “néologismes” apparus sur les réseaux sociaux et au sens réel des mots “valises” que contiennent quelquefois les expressions militantes.
Nous proposons l’arpentage à partir de textes choisis
Nous voulons réaffirmer le pouvoir des simples citoyen.n.e.s à énoncer les problèmes et à proposer des solutions depuis là où ils vivent. Dans ce but, avons choisi d’arpenter en groupes de lecture le livre de Fatima Ouassak “La Puissance des Mères”.
Nous nous déplaçons dans les bibliothèques et les services pour des séances de lecture collective. Ne manquez pas la présence de Fatima Ouassak aux Halles de Schaerbeek le 30.09 ni l’expo des Habitant.e.s des Images le 15.09 sur la place de la Reine à Schaerbeek.
Pour une société du soin : cercle de MAG (méthode d’analyse en groupe)
Avec les habitant.e.s du quartier et les professionnel.le.s, nous proposons d’interroger (et expérimenter) le thème des pratiques communautaires de soin venues de tous horizons, dans la salle du parc Rasquinet. Projet en co-construction à partir d’octobre.
Formation longue : personnes ressources en DPA-PC
Nous lançons une formation de personnes ressources en développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités (DPA PC) avec l’accompagnement de Valérie Desomer et Bernard Dutrieux. Nous poursuivrons également avec eux l’animation d’une communauté de savoirs et de pratiques (rencontres d’intervision et de formation recherche) en DPA PC. Dates de formation: 8 journées: 14-15.11.23, 14-15.12.23, 29-30.01.24, 22-23.02.24.
Formation à nos outils pédagogiques
A partir du 12 octobre, nous vous proposons les formations aux outils Cap’Pass (et son intimement lié « Skills for Change ») et Motus à raison d’une session par mois.
En cours…
Dans le même temps, nous terminons le rapport de la recherche participative Interpell’Action des services AMO bruxellois et celui sur la qualité de l’alternance dans le secteur non marchand avec des praticien.n.e.s experts, ainsi que l’étude collaborative concernant les Attentes des terrains du social à Bruxelles en lien avec l’école de transformation sociale (ETS) du Forum Bruxelles contre les inégalités.
D’autres projets sont en cours de préparation, notamment l’animation de séances de théâtre forum autour des violences faites aux femmes, à partir de la pièce “Murs Murs” tirée de l’ouvrage de Pascale Jamoulle “Je n’existais plus”.
