Revue Akène

Par nos publications, analyses critiques, études et apports de recherche participative, nous nous faisons l’écho d’une dynamique réflexive dans la sphère de la vie associative au profit de l’éducation permanente. Depuis 2021, notre Revue Akène diffuse ces publications également en format papier.

Dernier numéro

L’acte de « prendre soin », le « care », est largement investi par les femmes qui « prennent soin », dans une société qui « ne prend pas soin ».

Qu’il s’agisse d’un acte visible ou d’un geste discret, ce travail est souvent ignoré, jusqu’à l’invisibilisation.

Ce numéro d’Akène est né des préoccupations partagées autour de ces constats lors d’un atelier d’écriture animé par Bénédicte Wantier.

Numéros précédents

hors-série • novembre 2023

La présente Interpell’Action, sous la forme d’une recherche participative, tente de rendre visible l’expertise expérientielle des travailleurs de terrain de première ligne dans les services d’action en milieu ouvert de l’aide à la jeunesse ainsi que celle de leurs publics quant aux changements à apporter au bénéfice des parents et des jeunes des quartiers populaires bruxellois.

Les professionnel∙le∙s accompagnent le plus souvent des personnes subissant de concert plusieurs formes d’oppression. L’imbrication de ces discriminations complexifie les pratiques d’intervention et l’approche interculturelle classique peut se révéler insuffisante.

Dans ce numéro basé sur un exercice d’écriture coconstruite, nous vous présentons les réflexions et les mobilisations militantes de travailleurs sociaux et de collectifs d’éducation permanente autour du délitement de l’accès aux droits sociaux.
La digitalisation généralisée de l’interface entre les services publics et les personnes ayant droit à une aide sociale s’est intensifiée pendant la pandémie COVID 19 au point de devenir aujourd’hui une norme indiscutable.

Vous trouverez dans ce numéro 4 d’Akène l’écho de récits d’hébergeurs et d’hébergés publiés dans l’ouvrage collectif « Migrations. Du mépris aux mobilisations solidaires » de Chloé Allen, Laurent Gilson et Xavier Briké.

Accueillir, c'est résister • n°4 – novembre 2022

hors-série • octobre 2022

L’aide alimentaire apparait comme un sujet majeur pour l’éducation permanente. Elle est à la fois un sujet important sur le terrain, où la précarité ne fait qu’augmenter, et un des domaines où s’exprime de la manière la plus saillante la tension entre aide et émancipation.

hors-série • juillet 2022

Ce hors-série de notre revue Akène constitue une étude dont la rédaction a été coordonnée par Manon Bertha sur base des apports de praticiennes de terrain. Deux sages-femmes,  Bénédicte de Thysbaert et Jacqueline Lavillonière, ainsi qu’une pair-aidante,  Pascale Fransolet, ont en effet apporté les témoignages et des constats de première main.

A la lumière de la Journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons de rediscuter la thématique sous l’angle de l’exil. Aujourd’hui, plus de la moitié des chemins migratoires se déclinent au féminin. La méconnaissance de leurs parcours demeure d’autant plus inacceptable. Il ne s’agit plus d’associer à présent systématiquement les déplacements féminins aux migrations familiales. Les traversées des interminables déserts de sable ou de la Méditerranée comptent parmi leurs voyageurs de plus en plus de femmes, accompagnées ou non de leurs enfants, d’un conjoint ou seules.

hors-série • décembre 2021

L’irruption de la pandémie et de son cortège de mesures sanitaires, est devenue pour un nouveau réseau local d’acteurs de l’accompagnement des jeunes l’opportunité d’un renversement concret de perspectives. Affectés par l’immobilité imposée, les jeunes n’ont plus de « stories » à partager sur les réseaux sociaux, ils recherchent des lieux d’action. En même temps, le CPAS, en télétravail, tente de se rapprocher des services de proximité qui accompagnent ces jeunes et ces derniers sont contraints d’innover, c’est l’occasion d’expérimenter de nouvelles manières de faire.

Récemment, nous fêtions les 100 ans de la naissance de Georges Brassens et commémorions les 25 ans de la marche blanche.

Le premier chantait : « Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on est plus de quatre on est une bande de cons ». C’est qu’en effet, en cette époque d’après-guerre où l’ami Georges produisait ses chansonnettes, le « groupe » rappelait la « troupe ». La troupe de soldats, l’obéissance au chef, l’opposition à l’ennemi. Toutes choses dont une frange grandissante de la population ne voulait plus entendre parler…

« Le malheur des hommes ne doit pas rester un reste muet de la politique. Il fonde un droit absolu à se lever et à s'adresser à ceux qui détiennent le pouvoir »
Michel Foucault
Philosophe

L’eLabo dédié au soin organisé par Le grain en mai 2021 nous a appris qu’au-delà des remèdes de la biomédecine, ce qui fait soin c’est aussi ce qui fait sens pour l’individu et qui fait sens dans de nombreux dispositifs collectifs. Or, nous vivons aujourd’hui une période nouvelle, l’ère de la « distanciation sociale ».Nous vivons une époque où il a fallu nous résoudre à laisser mourir des personnes âgées sans possibilité d’embrasser leurs proches…

En vous présentant cette nouvelle revue écrite et produite par Le Grain, le comité de rédaction d’Akène souhaite partager avec vous le bonheur de résister activement, seule posture éthiquement habitable si nous convenons ensemble que ce monde est à transformer.

Ce numéro zéro, expérience collective nouvelle destinée à porter nos analyses critiques, explore la question des nombreux paradoxes du travail social à travers différentes tensions qui l’animent. Au moment de l’extension d’une pandémie prévisible et pourtant imprévue, quelles sont ces parts essentielles de nous soudainement reconnues par les décideurs politiques? …

Une revue au croisement des pratiques sociales

Dans cette revue, nous défendons une nécessaire pluralité des points de vue, des expériences et des savoirs. Le comité de rédaction se veut un espace propice à la confrontation d’idées, dans et autour d’une certaine cohérence éditoriale élaborée sous forme de numéros thématiques. Nos analyses critiques et nos recherches participatives mêlent savoirs “chauds” et savoirs “froids”, entre réflexion et action, entre recherche et pratique, entre pertinence et impertinence !

In fine, nous visons à permettre aux professionnels du social (formateurs, travailleurs sociaux, enseignants…) et aux étudiants de confronter, d’interroger et de nourrir leurs pratiques. Notre objectif est de permettre à chacun de se positionner comme “praticien-chercheur”, de poser et de partager un regard réflexif sur son expérience.

Un akène est une graine. Certaines de ces graines, comme les samares qui ont inspiré le logo de cette revue, sont volantes. Elles symbolisent pour nous l’espoir de voir les idées partagées dans nos publications essaimer et germer comme des graines de possibles dans la tête de nos lecteurs, à l’opposé d’un mode de réflexion qui empêche de penser les alternatives. Dans Akène, nous nous engageons en faveur d’un monde plus juste, incluant les personnes les plus fragilisées.

”We believe Akène fly !”

Pourquoi la revue Akène?

Le Grain via les rencontres qu’il anime, les recherches qu’il mène et les publications qu’il diffuse, vise à restaurer et valoriser le pouvoir d’agir fragilisé et invisibilisé des habitant.es des quartiers populaires ainsi que celui des professionnel.les ou des bénévoles qui les accompagnent.

Les personnes les plus fragilisées qui vivent dans ces quartiers sont par la force des choses celles qui au quotidien tentent de restaurer les liens dans le milieu humain : migrants échoués dans les quartiers populaires, sur les places, les trottoirs de nos villes, dans des centres d’hébergement en milieu rural éloignés de tout contact. Peuples de l’Amérique latine chassés de leurs terres où se cultive la drogue, Africains chassés de leurs pays, surexploités par les bandits de grand chemin qui extraient les matières premières nécessaires à notre mode de vie inique. Ces migrant.es par nécessité constituent le socle du travail précaire qui fait vivre notre monde. Ils balaient nos rues, emballent nos colis, distribuent les colis alimentaires aux plus pauvres, travaillent dans les maisons de repos et de soins, les hôpitaux, nettoient nos bureaux. Ils prennent soin de nous.

Valoriser leurs compétences, élaborer avec eux des analyses critiques et des recherches participatives, c’est ce que nous proposons en mettant la revue Akène au service de collectifs citoyens locaux. Ce travail de mise en mots peut devenir la première étape d’un processus d’affranchissement pour tous.

Une revue ancrée dans le tissu social contemporain

Depuis longtemps l’accélération du temps, la marche forcée vers le « progrès », donnent à chacun.e et plus spécialement à ceux dont la survie est menacée, le sentiment d’être « volé de sa propre vie ».  En septembre 2022, nous avions lu le manifeste, « Ce qui ne peut être volé » de Cynthia Fleury et Alain Fenoglio.

A la lumière des enseignements de la récente pandémie, la philosophe et le designer nous proposent une nouvelle manière d’être au monde, articulant théorie de la conception [côté design] et théorie du care, afin d’affronter les vécus d’effondrement et de favoriser la générativité du vulnérable, sa capacité à générer des solutions pour nous rapprocher de la vie bonne.

Mettre les plus fragilisés au centre de nos préoccupations débouche potentiellement sur « une clinique du réel nous permettant de relever les enjeux de transformation nécessaire du monde contemporain ». La réflexion et les mots des deux auteurs ont fait échos au développement du pouvoir d’agir que nous souhaitons promouvoir et pratiquer dans le contexte de l’éducation permanente. Cette manière d’envisager le social fournit à la revue Akène les nutriments essentiels à la pousse de ses racines :

  • Besoin d’une vue : Akène offre une vue sur les compétences développées par le terrain, sur les nouveaux possibles. Par ce biais, la revue permet d’identifier l’habitat hors cadre – la furtivité – le faire autrement et de démontrer que sortir de la conformité imposée est envisageable de manières diverses et crée/renforce alors le droit d’être différent.
  • Besoin de silence, de pauses, dans le brouhaha ambiant pour écouter et s’écouter, des temps d’arrêt, de mises au vert et de réflexion.
  • Sortir de l’impuissance : en démocratie, nous bénéficions de droits formels, mais chacun.e  a-t-il les moyens d’exercer ses droits ? La dématérialisation des services publics rend inaccessible l’exercice des droits sociaux. Comment surmonter l’impuissance ressentie et redonner accès à la joie de pouvoir agir sur ce qui est important pour soi et les siens ?
  • Imaginer de nouveaux possibles : Le renforcement des vulnérabilités sociales, politiques, la destruction annoncée des milieux humains, réveille les imaginations. Pour les citoyen.nes et les professionnel.les en première ligne les vulnérabilités sont sources d’inventivité, facilitent le déploiement de compétences anciennes ou nouvelles.
  • Enquêter pour mettre au jour les vulnérabilités et l’inventivité des éco-systèmes locaux : Identifier pour les combattre les règles qui renforcent les vulnérabilités au lieu de les réduire : « comment un milieu social peut-il affecter celui qui y vit ? ». En quoi ce milieu rend-il possible la création de compétences ? En quoi est-il excluant ? En ce sens, nous voulons soutenir la création de dispositifs locaux qui expérimentent de nouvelles manières de faire.

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