Un contexte marqué par des défis multiples
Les femmes migrantes sont confrontées à des formes de discrimination et d’oppression qui se croisent et s’entrelacent. Ces discriminations, liées au genre, à l’origine ethnique ou au statut socioéconomique, amplifient les barrières à l’accès aux services essentiels tels que le logement, l’emploi ou la santé. En Belgique, ces obstacles sont particulièrement visibles sur le marché de l’emploi, où les stéréotypes ethniques et de genre limitent souvent les opportunités professionnelles des femmes migrantes.
Ces constats ont motivé la création du réseau (RIFI), dont l’objectif est d’apporter des réponses adaptées aux besoins de ces femmes et aux défis rencontrés par les professionnel·les qui les accompagnent.
Une alliance entre recherche et terrain
Le RIFI repose sur une synergie entre les milieux associatif et académique, permettant la création de ressources alliant théorie et pratique. En 2022 et 2023, deux ouvrages ont vu le jour et illustrent cette dynamique :
- Le premier ouvrage, Violences genrées : Enjeux interculturels et féministes (Heine et al., 2022), explore les violences vécues par les femmes migrantes, mettant en évidence les inégalités structurelles qui amplifient leur vulnérabilité. Malgré les avancées législatives, comme la ratification de la Convention d’Istanbul par la Belgique, de nombreux obstacles persistent, notamment l’accès limité aux ressources et des barrières administratives. À travers des études de cas et des analyses approfondies, ce livre met en lumière l’impact des violences conjugales et des pratiques traditionnelles oppressives, tout en soulignant l’importance d’une approche féministe et interculturelle pour répondre à ces défis.
- Le second ouvrage, Pratiques interculturelles féministes (Heine et al., 2023), se concentre sur les stratégies et outils nécessaires pour accompagner les femmes migrantes et vulnérabilisées. Il insiste sur l’importance de reconnaître leur résilience et leur capacité d’action, tout en tenant compte de leurs vulnérabilités. L’ouvrage propose une méthodologie novatrice où les professionnel·les sont invité·es à rencontrer les femmes « là où elles sont », en s’adaptant à leurs réalités et à leurs trajectoires. Cette approche décentrée favorise une collaboration respectueuse et réduit les asymétries de pouvoir dans l’accompagnement.
Le RIFI repose sur une synergie entre les milieux associatif et académique, permettant la création de ressources alliant théorie et pratique.
Ces deux ouvrages, fruits d’une co-création entre chercheur·euses et associations de terrain, illustrent la convergence entre savoirs académiques et pratiques. Ce travail collaboratif a donné les bases du RIFI, en créant un espace de dialogue où la théorie et l’action se rencontrent.
Grâce à cette collaboration, les associations féministes et interculturelles telles qu’AWSA-Be (Arab Women’s Solidarity Association – Belgium), La Maison des Femmes – MOVE asbl, Vie Féminine et d’autres ont pu partager leur expertise, tandis que les chercheuses ont enrichi les réflexions avec des cadres théoriques et des analyses approfondies.
Ensemble, elles ont créé un véritable espace de dialogue où théorie et pratique se croisent, posant ainsi les fondations du RIFI.
C’est à partir de ces échanges que l’idée d’un réseau structuré, réunissant professionnel·les et chercheur·euses, a émergé. Le RIFI, qui entre dans sa 2ième année d’existence formalisée, est néanmoins confronté à un certain nombre de défis, notamment pour pouvoir répondre au mieux aux besoins des professionnel·les de terrain souvent démuni·es. Dans un contexte socio-économique et politique de crises multiples et d’épuisement du personnel, l’enjeux est en effet de pouvoir mettre en place collectivement de réels leviers d’action pour améliorer l’accompagnement des femmes migrantes.
Une recherche au service des pratiques professionnelles
Cette vision a été renforcée en 2024 avec le lancement de la première recherche menée par le RIFI, intitulée : « Défis interculturels et féministes pour les professionnel·les : Diagnostic des besoins et développement de ressources ». Présentée le 22 novembre 2024, cette étude repose sur les témoignages de plus de 250 professionnel·les travaillant auprès de femmes migrantes.
Les résultats mettent en évidence des constats-clés :
- 97 % des professionnel·les accompagnent des personnes en très grande détresse psychosociale, souvent dans des contextes de précarité, d’isolement ou de violences.
- 55 % des intervenant·es disent avoir eux·elles-mêmes ressenti une grande vulnérabilité dans leur travail.
Cette recherche a permis de mieux comprendre les besoins spécifiques des femmes migrantes et des professionnel·les qui les accompagnent, tout en identifiant les obstacles structurels et les leviers possibles pour améliorer les pratiques d’accompagnement. Elle propose également des outils concrets pour développer des interventions plus inclusives et adaptées aux réalités interculturelles.
L’ensemble de nos publications ne sont pas seulement des contributions scientifiques : elles témoignent d’un travail collectif qui a permis de poser les fondations du RIFI. Elles incarnent l’alliance fructueuse entre le secteur associatif et le milieu académique, offrant des perspectives nouvelles pour une intervention féministe, inclusive et interculturelle.
Une vision commune et des actions concrètes
Soutenu par Equal Brussels depuis 2023 pour une durée de trois ans, le RIFI œuvre à promouvoir une meilleure compréhension des réalités vécues par les professionnel·les accompagnant les femmes migrantes. À travers des formations, des ateliers et une bibliothèque virtuelle, le réseau propose des ressources pratiques pour outiller les professionnel·les. Il offre également un espace d’échange et de collaboration où ces derniers·ères peuvent partager leurs expériences et améliorer leurs pratiques.
Le RIFI regroupe des membres issus de divers horizons : associations féministes, institutions académiques et organisations de terrain. Ses membres fondateurs sont AWSA-Be (Arab Women’s Solidarity Association – Belgium), la Maison de Femmes de Molenbeek MOVE asbl, Vie Féminine, le Grain asbl, le Collectif OXO ainsi que le Collectif Transition et Résistance, composé d’académiques et de chercheurs·ses.
Grâce à ses espaces d’échanges, la création et le partage d’outils et d‘expériences de terrain ainsi que son travail de recherche, ses formations et ateliers, le RIFI crée un véritable espace de collaboration, où les professionnel·les peuvent enrichir leurs pratiques tout en étant sensibilisé·es à l’importance d’une approche intersectionnelle et féministe dans leur accompagnement.
Le RIFI vise à mettre à disposition un réseau académique et associatif orienté vers le féminisme et l’interculturalité. Pour cela, nous proposons une bibliothèque virtuelle de ressources précieuses couvrant des sujets variés liés à l’accompagnement des femmes migrantes. Nous offrons également un espace de solidarité, un lieu où les professionnel·les peuvent partager leurs expériences et pratiques, et ainsi s’enrichir mutuellement pour améliorer l’accompagnement qu’ils·elles offrent. De plus, le RIFI organisera dès septembre 2025 des formations spécialisées pour renforcer les compétences des professionnel·les et mieux répondre aux besoins des femmes en situation de vulnérabilité. Pour avoir accès à ces ressources, vous pouvez prendre contact avec l’équipe du RIFI ou remplir le formulaire d’adhésion via le code QR diffusé lors des événements que nous organisons, disponible également sur nos réseaux sociaux et sur notre site web.[1]rifi-belgium.org (en construction)
Le RIFI crée un véritable espace de collaboration, où les professionnel·les peuvent enrichir leurs pratiques tout en étant sensibilisé·es à l’importance d’une approche intersectionnelle et féministe.
Dans ce sens, les membres adhérent·es au RIFI jouent également un rôle clé. En tant que membres actifs, ils·elles bénéficient de nombreux avantages : accès prioritaire aux événements du RIFI, possibilité de diffuser leurs ressources pédagogiques sur notre site et dans notre bibliothèque virtuelle, ainsi qu’un accès privilégié aux formations et ateliers organisés tout au long de l’année. Leur implication est essentielle au développement du RIFI.
En rejoignant le RIFI, les professionnel·les bénéficient d’un cadre permettant d’enrichir leurs pratiques et contribuent à une prise en charge plus efficace des femmes migrantes, dans un esprit de solidarité et d’inclusion. Nous encourageons toute organisation ou individu partageant nos valeurs à se joindre à nous pour enrichir et diversifier nos actions.
Le RIFI et la Collaboration Internationale
Le RIFI se distingue par son approche internationale, en particulier grâce aux partenariats avec des acteur·rices du Québec. Ce travail intercontinental permet d’enrichir les pratiques et les connaissances théoriques relatives à l’accompagnement des femmes migrantes. Les universités de Bruxelles, de Lille et du Québec, en collaboration avec des associations féministes, ont mené des recherches sur l’implémentation de pratiques interculturelles et inclusives dans des secteurs comme le travail social, l’emploi et la santé. Ces recherches ont permis de développer une plateforme de partage des pratiques et des ressources, facilitant les échanges entre les professionnel·le·s de différents pays et régions. Ce partenariat a également permis de recueillir des données essentielles pour comprendre les besoins des femmes migrantes et de concevoir des interventions adaptées (Corbeil et al., 2018).
Les recherches menées dans le cadre de ce partenariat ont permis de mieux comprendre les facteurs qui contribuent à l’isolement social et économique des femmes migrantes, tout en identifiant des leviers d’action pour améliorer leur insertion dans la société d’accueil. Elles ont aussi permis de développer des stratégies de prévention des violences de genre, en particulier dans les contextes interculturels (Heine et al., 2023).
Un exemple en lien avec les recherches menées dans le cadre de ce partenariat est le résultat du forum du RIFI, qui s’est tenu le 16 avril 2024 et qui a constitué le cadre de réalisation des focus groupes. Plus de 80 professionnel·les y ont participé, explorant quatre thématiques principales : les barrières liées à l’emploi, les oppressions multiples, le stress vicariant et les violences de genre. Parallèlement, une enquête en ligne a été diffusée entre avril et juin 2024 auprès des organisations associatives et publiques de différents secteurs pour recueillir des données sur les professionnel·les accompagnant des femmes en situation de multivulnérabilité. Enfin, des entretiens avec dix intervenantes psychosociales travaillant à Bruxelles ont permis d’approfondir les représentations des femmes racisées, les défis dans l’adoption de démarches interculturelles et féministes, ainsi que les dynamiques de pouvoir au sein des interventions. Cette recherche, déjà disponible en ligne et via nos réseaux sociaux, vise à développer des outils pratiques et des réflexions approfondies pour améliorer l’accompagnement et promouvoir l’équité de genre et la diversité culturelle dans les pratiques professionnelles.

Une approche intersectionnelle au cœur de l’action
L’approche du RIFI repose sur le concept d’intersectionnalité, développé par Kimberlé Crenshaw (1989), pour analyser les expériences de marginalisation où se croisent le sexisme, le racisme et d’autres formes d’oppression. Cette perspective permet d’adopter une vision globale et intégrée des défis rencontrés par les femmes migrantes.
L’objectif central du RIFI est d’améliorer les conditions de vie et d’accompagnement des femmes migrantes en s’appuyant sur une approche intersectionnelle. Celle-ci permet de comprendre comment les différentes formes d’oppression (sexisme, racisme, classisme) se superposent et interagissent, créant des expériences uniques et complexes de marginalisation. Il est donc essentiel que les professionnel·les qui accompagnent ces femmes soient formé·es à cette dynamique pour ne pas compartimenter leurs expériences de violence, mais adopter une perspective intégrée qui prenne en compte toutes les dimensions de leur parcours et de leur identité (Heine, 2023).
Le RIFI s’efforce de mettre l’approche intersectionnelle au cœur de ses analyses et pratiques. Selon Crenshaw (1989), l’intersectionnalité permet d’analyser comment diverses formes d’inégalité et d’oppression se croisent et façonnent des expériences spécifiques de marginalisation. Ce cadre théorique est donc indispensable pour analyser les réalités vécues par les femmes migrantes. En effet, ces dernières ne sont pas seulement victimes de violences de genre ; elles sont également confrontées à des discriminations raciales, économiques et sociales qui rendent leur expérience de la violence encore plus complexe (Heine, et al., 2022).
Cette approche permet aux professionnel·les de mieux comprendre les différentes dimensions de l’oppression et de mettre en place des pratiques d’accompagnement plus adaptées, qui tiennent compte de l’ensemble de la réalité des femmes migrantes. L’adoption de ce cadre théorique est essentiel pour éviter de réduire l’intervention à une seule dimension des violences vécues, et pour développer des solutions complètes et personnalisées aux besoins spécifiques de ces femmes (Corbeil et al., 2020).
Les Défis
Le RIFI fait face à des défis en matière de coordination, de communication et de gouvernance, essentiels pour un réseau composé de membres aux priorités variées. Cependant, ces défis offrent des opportunités pour renforcer la cohésion et l’efficacité collective. Par exemple, la création de sous-groupes de travail pour des problématiques spécifiques permet une prise de décision partagée, tout en garantissant que chaque voix soit entendue. Ce processus inclusif favorise l’engagement des membres et renforce l’impact global du réseau.
En tant que projet jeune, le RIFI bénéficie d’une flexibilité qui permet d’ajuster ses priorités en fonction des besoins des partenaires et des femmes multivulnérabilisées. Ce travail en cours pour affirmer une identité collective représente une occasion de bâtir une vision commune, en s’appuyant sur l’enthousiasme et l’expertise diversifiée de ses membres. Ce processus renforce la légitimité du réseau et prépare son impact à long terme.
Les défis liés aux ressources humaines limitées, à la surcharge de travail des bénévoles ou à la dépendance à un financement à court terme poussent à une certaine cohésion et créativité pour garantir la pérennité du projet.
De même, l’obtention de financements à plus long terme représenterait un levier utile pour assurer la continuité du projet.
Par exemple, la création d’une bibliothèque virtuelle sur le site web du RIFI pourrait constituer un moyen précieux pour préserver et prolonger l’impact du projet au-delà de sa durée initiale. De même, l’obtention de financements à plus long terme représenterait un levier utile pour assurer la continuité du projet, tout en permettant une meilleure adaptation aux besoins changeants des femmes migrantes et multivulnérabilisées.
Un des principaux défis rencontrés par le collectif RIFI est l’inégalité d’accès aux services d’aide pour les femmes migrantes. Ces femmes sont souvent confrontées à des violences de genre dans leur pays d’origine, tout au long de leur parcours migratoire, et parfois même une fois installées dans le pays d’accueil. Ces violences sont multiformes : violences domestiques, exploitation sexuelle, travail forcé, et harcèlement. Ces femmes doivent aussi faire face à des difficultés liées à leur statut administratif, ce qui limite encore plus leur capacité à accéder à des services d’aide (Heine, 2023).
En Belgique, par exemple, ces obstacles sont aggravés par des politiques migratoires restrictives qui n’offrent pas de solution à long terme pour celles qui sont en situation irrégulière ou précaire (Heine, 2023).
Les défis auxquels font face les femmes migrantes dans leur parcours d’intégration sont étroitement liés à ceux rencontrés par les professionnel·les qui les accompagnent. Selon les résultats de la recherche menée par le RIFI, cette interconnexion révèle un écosystème où les inégalités structurelles et les vulnérabilités individuelles se renforcent mutuellement, dessinant un tableau complexe de réalités partagées. Les femmes migrantes, situées comme on l’a dit au croisement de multiples discriminations, subissent des obstacles majeurs qui freinent leur accès à l’emploi et leur inclusion sociale. Ces femmes, particulièrement celles vivant dans des situations de précarité ou de pauvreté, sont confrontées à des difficultés économiques et à un isolement social accentué. Elles sont souvent perçues à travers des stéréotypes qui les cantonnent à certains rôles sociaux.
Ces représentations, notamment dans le contexte de l’emploi, les enferment dans une image d’incapacité, renforçant les discriminations liées à l’origine, au genre et à la non-reconnaissance de leurs qualifications qu’elles vivent déjà. Cette accumulation de barrières structurelles ne se limite pas à un problème individuel : elle reflète des systèmes de pouvoir et de domination qui affectent également les intervenant·es.
Les professionnel·les chargés d’accompagner ces femmes vivent eux·elles aussi des formes de vulnérabilité, souvent amplifiées par la nature de leur mission. Exposés quotidiennement à des récits de détresse et à des conditions de travail difficiles, ils et elles témoignent d’un épuisement émotionnel et d’un sentiment d’impuissance. Une majorité des intervenant·es se disent particulièrement touché·es par des situations d’injustice, notamment dans leur milieu professionnel, où des micro-agressions basées sur le genre, la classe ou l’origine viennent alourdir une charge déjà pesante. Près de la moitié d’entre eux·elles rapportent s’être senti·es incompris·es lorsqu’ils·elles tentent d’évoquer la réalité des femmes qu’ils·elles accompagnent. Ces frustrations s’accompagnent souvent d’un sentiment d’isolement, aggravé par un manque de ressources structurelles telles que le personnel, les formations spécifiques ou encore la reconnaissance institutionnelle.
Ces défis croisés forment un cercle vicieux. Les discriminations et les inégalités vécues par les femmes migrantes accentuent les pressions sur les professionnel·les, qui, à leur tour, se retrouvent confronté·es à des limites structurelles dans leur capacité à fournir un accompagnement efficace. En l’absence de moyens adaptés, ils·elles se voient souvent contraint·es de porter seuls·es la responsabilité de représenter les droits des femmes et des personnes racisées au sein de leur organisation, une tâche qui peut devenir écrasante.
Dans ce contexte d’intervention éprouvant, l’émergence d’une démarche interculturelle féministe apparaît comme une voie prometteuse. De nombreux professionnel·les manifestent un réel intérêt pour cette approche, qui permettrait de conjuguer une meilleure compréhension des spécificités culturelles et des dynamiques genrées avec un accompagnement plus inclusif et équitable. Une telle démarche, soutenue par des formations adaptées et une reconnaissance accrue des défis vécus, pourrait contribuer à briser le cycle des vulnérabilités partagées.
Améliorer les conditions d’accompagnement des femmes migrantes implique donc une transformation globale des structures d’accueil et d’intervention.
Cela nécessite de reconnaître non seulement les obstacles auxquels ces femmes sont confrontées, mais également les défis systémiques vécus par celles et ceux qui œuvrent à leurs côtés. C’est en investissant dans des moyens adaptés et en renforçant une approche inclusive que l’on pourra, collectivement, tendre vers une société plus juste et équitable.
Le RIFI tente de répondre à ces défis en sensibilisant les professionnel·le·s aux réalités spécifiques des femmes migrantes, en leur fournissant des outils pratiques et en développant des ressources pédagogiques adaptées. Un exemple de cette démarche est l’événement organisé en avril 2023 à la Maison des Femmes (MOVE asbl) à Bruxelles, où plus de 130 professionnel·le·s ont participé à des ateliers sur les violences genrées, les parcours migratoires des femmes et leur accès au marché du travail. Ce type d’événement permet de renforcer les compétences des professionnel·le·s tout en créant un espace d’échange de bonnes pratiques (le Grain asbl, 2023).
Pour un impact durable
Le RIFI représente un modèle innovant pour l’accompagnement des femmes migrantes et vulnérabilisées, en particulier grâce à son approche intersectionnelle et féministe. Ce réseau démontre qu’une collaboration entre académiques et praticien·nes est essentielle pour développer des pratiques professionnelles adaptées à la diversité des réalités vécues par les femmes migrantes. Les ressources pédagogiques, les outils de formation et les espaces de réflexion créés par le RIFI permettent de renforcer les compétences des professionnel·le·s, tout en favorisant un accompagnement plus respectueux et plus juste des femmes migrantes. En intégrant les dimensions multiples des inégalités, le RIFI ouvre la voie à des pratiques d’accompagnement plus inclusives et plus efficaces.
À travers son travail de recherche, de formation et de sensibilisation, le RIFI cherche à créer un impact durable et à favoriser l’insertion des femmes migrantes dans la société d’accueil. Le réseau met l’accent sur la nécessité de transformer les pratiques professionnelles pour offrir un accompagnement adapté et respectueux des trajectoires complexes des femmes migrantes, et pour leur permettre de surmonter les obstacles imposés par les structures sociales et économiques.
Les actions pour atteindre ces objectifs incluent l’identification des ressources existantes au sein du réseau, la création d’une bibliothèque de ressources pédagogiques en ligne, et le renforcement des partenariats internationaux, notamment avec l’Université du Québec à Montréal et l’Université Trois-Rivières. Le développement de nouvelles ressources telles que des modules de formation et des vidéos, ainsi que l’organisation d’événements d’échange pour diffuser ces ressources, feront partie des étapes clés. Enfin, l’élargissement du réseau et la publication des résultats de la recherche dans la revue Akène contribueront à diffuser nos résultats et à partager notre expérience avec un plus large public.
Ces mesures constituent des leviers essentiels pour renforcer l’impact du RIFI, soutenir les professionnel·les et promouvoir une meilleure compréhension des défis complexes auxquels sont confrontées les femmes migrantes et vulnérables. En anticipant les besoins futurs et en s’assurant un financement à long terme, le RIFI pourra non seulement prolonger son action, mais aussi s’ancrer durablement dans le paysage des initiatives féministes et interculturelles.
bibliographie
BOURASSA-DANSEREAU, L. (2023). Pratiques interculturelles féministes. [Publication sans lieu de publication].
CORBEIL, M., HARPER, R., & MARCHAND, S. (2018). Les défis de l’accompagnement des femmes migrantes : Une analyse intersectionnelle des pratiques sociales et professionnelles. Revue de Travail Social, 32(4), 47-60.
CORBEIL, M., MARCHAND, S., & BOULEBSOL, A. (2020). Les vulnérabilités croisées : État des lieux et défis de l’accompagnement des femmes migrantes. Actes du colloque international sur les inégalités et l’inclusion sociale, 112-125.
CRENSHAW, K. (1989). Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory, and Antiracist Politics. University of Chicago Legal Forum, 139-167.
HEINE, A., BOURASSA-DANSEREAU, L., & JIMENEZ, S. (2022). Violences genrées : Enjeux interculturels et féministes. Éditions du RIFI.
HEINE, A. et al. (2023). Les défis interculturels et féministes dans l’accompagnement des femmes migrantes en Belgique. Revue Internationale des Études Féministes, 15(2), 79-94.
Notes de bas de page[+]
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